Entretien des livres anciens : quelle cire choisir ?

Les cires destinées au traitement et à l’entretien des cuirs ne sont pas toujours faciles à trouver dans le commerce. Plusieurs produits sont actuellement disponibles en France, dont un tout récent mis au point par la société Bibliontek (1) : la cire BioLibris. Cette cire naturelle de conservation est composée exclusivement d’agents actifs naturels et issus de l’agriculture biologique. Elle nourrit, permettant au cuir de garder sa souplesse et sa teinte, et protège les cuirs anciens et neufs sans laisser de traces, car elle possède des propriétés fongicides. Ce produit est annoncé comme ne possédant aucun agent irritant dans sa composition ; par conséquent, il peut être utilisé sans gants. Il se présente en conditionnement de 50 ml (2).

La bien connue cire 213

La BnF a mis au point la fameuse Cire 213, un produit réalisé à base d’huile de pied de boeuf – cette dernière étant sans doute la meilleure pour nourrir et lubrifier le cuir. La 213, incolore, contient néanmoins – tout comme la 212, teintée (blanc, noir, rouge, marron clair, marron foncé) – des éléments antifongiques qui peuvent s’avérer dangereux pour les dorures. Et, confirmé par un restaurateur de reliures, lorsqu’on utilise la cire 213 en quantité trop importante sur une petite surface, les risques sont réels de ternir les dorures – sinon de les voir disparaitre quand elles sont très anciennes.

De l’autre côté de la Manche, notamment à la British Library, on utilise – entre autres – la cire Renaissance, qui est aussi employée dans de très nombreuses bibliothèques à travers le monde. Il s’agit d’ailleurs d’un produit que l’on emploie non pas seulement pour les cuirs mais aussi pour le bois et les peintures. La cire Renaissance existe en pots de 100, 200 ml et 3 litres. En 200 ml, son prix se situe à près de 12 euros, et à environ 50 euros pour 3 litres. La 213 est, elle, commercialisée en pots de 50 ml à 6,50 euros et de 200 ml à 23 euros.

Quant à l’huile de pied de boeuf, il convient de rappeler qu’elle était utilisée en pommade au XVIIIe siècle pour les peaux sèches. L’huile de pied de boeuf n’est plus aujourd’hui totalement produite à partir des os de pied du bovin, étant diluée avec des huiles végétales naturelles. C’est une huile très fine, très pénétrante, utilisée pour les cuirs de sellerie, d’équitation ou de moto, et autrefois pour les banquettes de la SNCF… On trouve assez facilement cette huile en conditionnement de 250 ml à près de 12 euros, et chez Paulin, en 500 ml et pure à près de 17 euros. Mais attention aussi avec les huiles très liquides, très fines utilisées en trop grande quantité : si elles traversent complètement le cuir, alors elles atteindront le papier…

Un «rénovateur» de cuir est proposé en 50 ml par Saphir au prix d’environ 7 euros. Le produit incolore «pour peausseries lisses» est indiqué pour les reliures anciennes. Conçu à base de cire d’abeille et d’huile de vison, il a obtenu une Médaille d’Or en 1925… Toutefois il est aussi mentionné comme produit «dangereux» ; il sera donc important de le tester avant emploi et de porter également une grande attention à son utilisation sur les ors… (à suivre)

(1) – Bibliontek : 43, rue de la Boucherie 87000 Limoges. Tél. : 09 81186025.
(2) – Nous l’avons trouvé chez un revendeur au prix de 12,50 euros.

Retrouvez cet article en intégralité dans le n°98 du Magazine du Bibliophile


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