Russie : des associations bibliophiliques très actives

Marginalia – N°129 du Magazine du Bibliophile

– en marge de notre numéro 129…

 

Dans ce numéro, nous publions un article d’Ekaterina Kukhto et Tatiana Panarina sur la bibliophilie russe. Comment l’amour des livres est-il vécu aujourd’hui en Russie ? Il s’agit, d’une part, de retracer rapidement l’histoire de cet attachement en citant ses grands moments, ses collectionneurs, quelques grandes bibliographies ainsi que les orientations et les intérêts bibliophiliques actuels.

Mais, surprise. L’article nous dévoile, d’autre part, une vie de la bibliophilie au travers d’associations particulièrement actives – cela dans toute la Fédération russe, dans toutes les grandes villes de cette Fédération. Jusqu’à la NUB (Union nationale des bibliophiles) et son président, Mikhaïl Seslavinsly, historien, bibliologue, député de la Douma et président par ailleurs de l’Agence de presse et de communication de la Fédération russe).

Comme le remarquera le lecteur, la NUB représente une autorité, une véritable autorité culturelle qui se situe d’une certaine façon au-dessus de la GAK, la Guilde des Libraires Antiquaires, association créée en 2008 équivalant au SLAM, Syndicat de la Libaririe ancienne et moderne en France.

Interrogation que suscite cet article… Dans un paysage culturel général, une association qui réunit ou qui réunirait tous les bibliophiles – aussi bien les libraires, les commerçants, les journalistes, les politiciens, les Académiciens… – n’est-elle ou ne serait-elle pas plus représentative et de plus de poids qu’une association particulière comme celle d’une seule profession ? Autrement dit, n’est-il pas plus important ou ne le serait-il pas qu’il existe ou qu’il existât une association réunissant tous les amoureux du livre plutôt qu’une représentation de cette passion culturelle par une seule entité, un syndicat professionnel par exemple… ?

La bibliophilie en Russie, héritière bien sûr de traditions historiques différentes des nôtres en de nombreux points, présente néanmoins aujourd’hui une vie institutionnelle, structurelle sur le plan social, qui pourrait inspirer la création d’associations bibliophiliques en France – alors que la plupart de celles qui existaient ici au début du XXe siècle ont disparu.

Une autre remarque concerne la NUB et se rapporte à la notoriété des personnes qui la composent et la dirigent. À l’image de l’ouverture de cette association, la NUB comprend de grands noms de l’université, de divers départements comme ceux d’histoire, histoire du livre, commerce du livre ancien etc.

Les bibliophiles ont l’avantage en Russie de voir leur passion accompagnée par la publication de nombreux outils d’information sur le commerce du livre ancien, sur l’histoire du livre, sur son marché… Ainsi que de nombreuses bibliographies. Un mention particulière est faite dans cet article à une revue – assez proche du Magazine du Bibliophile : Pro Knigi (Autour du Livre). Née en 2007 (un an avant la GAK), Pro Knigi est éditée à Moscou. Son tirage est d’environ 2000 exemplaires.

Parallèlement à toutes les indications aussi diverses que précises (notamment de bibliographies), on trouvera dans cet article des informations sur les fraudes rencontrées en bibliophilie ancienne dans la Fédération russe.

Un grand merci encore aux deux auteurs de cet article : une libraire, Ekaterina Kukhto, et une universitaire, Tatiana Panarina.

 

 

 

 

 

 

 

 

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