Poésie, place Saint-Sulpice 2017

Marché de la poésie 2017 : des éclats de vers plein les oreilles

 

Du mercredi 7 au dimanche 11 juin, le 35e Marché annuel de la poésie, organisé place St-Sulpice à Paris (6e), a su innover avec des Etats généraux sur la création contemporaine, la poésie hors du livre, l’édition et la médiatisation, le statut du poète et la situation de la poésie. 500 éditeurs (recueils, revues) et libraires y étaient résolument présents, avec en vedettes l’explosion de la poésie francophone et l’émancipation de la poésie des femmes.

« Une double question se pose vraiment à propos de la visibilité de la poésie contemporaine : quel est son devenir ? Quels sont ses enjeux artistiques, sa place dans la société d’aujourd’hui, son univers économique ? Pour y répondre, nous avons créé (avec la Maison des écrivains et de la littérature, la Société des gens de lettres, la Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne, l’Union des poètes & Cie, le Printemps des poètes, la Fédération européenne des Maisons de poésie/Réseau Maipo, Ent’revues…) un comité destiné à mettre en place des Etats généraux de la poésie, afin de défendre le lien direct, humain, entre “producteurs” et “amateurs” de celle-ci », assène Jacques Bonnaffé, président d’honneur de l’édition 2017, dédiée à Léo Beeckman et Armand Gatti, récemment disparus.

Ces États généraux (tables rondes, lectures…) ont ainsi soulevé le problème de la place de la poésie dans la cité, face aux industries dites «culturelles». Éditeur (Le Nouvel Athanor), essayiste et poète, Jean-Luc Maxence a évoqué, lors d’une table ronde, l’urgence de s’investir dans la pérennité de l’artisanat régional : «Le développement fulgurant du monde virtuel met en danger la fabrication du livre, avec tout ce qu’elle suppose de savoir-faire, de passion chevillée au corps, d’originalité et de patience. Il faut que poètes et éditeurs dressent maintenant des barricades solidaires saines et durables contre la cupidité des affairistes, sinon les rencontres fraternelles telles que celles-ci perdront, à terme, leur sens premier : le partage possible entre l’écrit matérialisé par la main de l’homme et la parole librement échangée», prophétise l’auteur talentueux et atypique de Le Crabe, l’Ermite et le Poète (éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2012). Les 50 manifestations (concerts, danses et chansons) des cinq nuits du marché ont par ailleurs affirmé leur proximité artistique avec le combat des poètes pour chanter et faire respirer librement l’air de leur poésie, tous horizons confondus.

«Une ambiance festive et inspirée, comme je les aime», a résumé de son côté Éric Poindron, qui étrennait joyeusement son dernier recueil de poèmes, Comme un bal de fantômes (Le Castor Astral), dont voici un extrait :

ÉTÉ

Le vent d’été

est une chanson ancienne

et confidentielle

qui chuchote

des mots invisibles

aux nuques câlines

puis montent en ruban

dans l’ombre

des étoiles filantes

Et taquines

 

Enfin, plus de 350 signatures d’auteurs et des lectures sur les stands ont été organisées par les éditeurs ; 400 nouveautés (livres et revues) ont été présentées à cette occasion. «Passant, ouvre ton cœur mais ne baisse pas ton froc, la révolte est en marche !», s’est exclamée Chantal Danjou (Maison des écrivains et de la littérature).

Étienne Crosnier

 

 

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