Nicaise a quitté le Quartier latin

Le Quartier latin poursuit sa lente mutation. Quartier appartenant au centre de Paris, quartier historique où bat le cœur de l’Université de la première ville de France, quartier des étudiants, des professeurs, des «intellectuels», des écrivains et des éditeurs, de tous les amoureux des livres, des beaux objets, quartiers des arts et des artistes, quartier célébré partout… sur des pages, des écrans, des tableaux, quartier des chercheurs, des futurs médecins, des bibliothèques et de cafés que nous avons tous connus comme La Palette – qui se présente aujourd’hui comme «l’authentique bistrot parisien des artistes et de la jet-set».

Une lente mutation est bien sûr son histoire de toujours… puisqu’une ville et ses quartiers n’ont de cesse de se transformer, d’évoluer, de prendre des aspects nouveaux. Mais, sans remonter trop loin dans le temps, le prix du mètre carré dans le VIe et VIIe arrondissement de Paris se situait à près de 5000 euros en 1991, selon le magazine Capital (Source : Base BIEN – Notaires de Paris – Ile-de-France). En 2013, ils avaient déjà grimpé à 12000 euros environ, ce qui nous donne un coefficient de 2,5. À souligner, c’est bien dans le VIe arrondissement que le prix du mètre carré est le plus élevé dans la capitale.

Résultat : puisque que le prix de l’immobilier dans le centre de Paris a progressé de manière importante, schématiquement, les propriétaires tentent soit de vendre leurs biens immobiliers, soit de les louer à un meilleur prix. Et dans le cas des libraires installés dans ces quartiers : soit propriétaires, ce qui est assez rare, ils vendent pour réaliser une plus-value intéressante et se réinstaller dans un quartier moins cher, soit locataires, ils se voient proposer des loyers plus élevés qu’ils ne peuvent pas toujours accepter, soit aussi les baux sont rompus parce que les propriétaires ont déjà des propositions d’autres types de commerce mieux placés pour accepter des loyers plus élevés… Voilà pourquoi le Quartier latin, qui attire tant de touristes venant du monde entier est, en train de terriblement changer. Et, sans aucun doute aussi, de perdre un peu son âme… Les fast-foods, les magasins de fringues, les boutiques de soldes etc. remplacent progressivement les librairies – et les librairies de livres anciens. La liste des disparues est assez longue aujourd’hui. Alors, une de plus ?

Qui ne connaît la librairie Nicaise ? Située au 145 boulevard Saint-Germain, sa vitrine laisse actuellement apercevoir aux passants un espace vide. La Librairie Nicaise aurait-elle elle aussi disparue ? Non, contrairement aux apparences et à une inquiétude bien naturelle, Nicaise a déménagé. Comme le confie Pierre Walusinski sur le site web de sa librairie, «(…) la guerre des loyers a raison de Nicaise. Arrivés en fin de bail, le propriétaire des murs a refusé de nous renouveler notre bail et nous sommes contraints de déménager. Nous avons bien sûr entrepris des démarches sur le plan juridique, mais… Passé le choc de cette nouvelle, il nous faut nous adapter à la réalité du terrain. Avant de savoir où et comment nous reconfigurer de façon pérenne — si nous le pouvons — nous devons d’abord opérer un repli stratégique dans les locaux de notre siège au 39 avenue d’Iéna, Paris 16e (8e étage)». C’est donc une période de repli et de réflexion pendant quelques mois que le directeur de cette librairie a décidé. Et à cette occasion, Le Magazine du Bibliophile a choisi de le rencontrer… (à suivre).

 

  • Nouvelles coordonnées de la Librairie Nicaise
    39, avenue d’Iéna
    75016 Paris

    Du lundi au vendredi, sur rendez-vous
    Tél. : 01 43 26 62 38
    Courriel : 
info@nicaise.com

    Internet : http://www.nicaise.com

 

 

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