Marie Garrigue nous a quittés

Marie Garrigue, rédactrice en chef de la revue Art & Métiers du livre, est décédée le 19 novembre 2014.

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Triste année 2014. Parmi celles et ceux qui nous ont récemment quittés : Marie Garrigue, rédactrice en chef de la revue Art & Métiers du livre, bien connue de tous, est décédée le 19 novembre 2014. Nous la rencontrions souvent, de salon en salon, de Lourmarin à Chamalières, de Limoges à Page(s), Paris XIIe, profitant de ces occasions pour discuter ensemble de ce que nous vivions chacun à notre manière dans la course et la réalisation de nos publications respectives. En mai dernier, elle nous faisait part de l’évolution de ses activités professionnelles, envisageant de partir en retraite dans un futur assez proche…

Née le 19 septembre 1954 à Creysse, en Dordogne, aux portes de Bergerac, en plein cœur de Pécharmant, elle suivit une formation de comptabilité qui la mena à un BEP. Puis en 1978, elle s’installa à Paris avec mari et enfants. Jusqu’en 1994, elle travailla aux éditions Magnard qui étaient dirigées par Louis Magnard, fils du fondateur de cette maison.

C’est en 1996 qu’elle fut recrutée par Pascal Fulacher, alors directeur de la revue Art & Métier du livre. La revue fut reprise quelques mois par Gaston D’all’Ara avant d’être rachetée en août 2001 par les éditions Faton. Louis Faton, son directeur, proposa à Marie de devenir rédactrice en chef. Et elle se lança dans l’aventure avec Christophe Comentale, Yves Devaux, Gilles Kraemer, Marie-Paule Peronnet, Mirabelle Biheng-Martinon, Marie Akar, fidèles collaborateurs, ainsi qu’avec la maquettiste Els Baekelandt et enfin Stéphanie Durand-Gallet, qui assurait le secrétariat de rédaction.

Ainsi depuis près de 20 ans, «Marie Garrigue a toujours fidèlement suivi et soutenu les libraires et le monde de la bibliophilie», comme le rappelle Anne-Marie Coulon, du SLAM, Syndicat de la Librairie ancienne et moderne.

«Marie nous a toujours aidé pour les salons que nous avons organisés, à Lourmarin et Chamalières, comme elle s’est engagée avec enthousiasme et sympathie pour nombre de relieurs, d’artistes du livre et de libraires, confient Léoda Scale et Bernard Maurel. Lors de ses obsèques, une assistance nombreuse  et très émue partageait ce sentiment de reconnaissance, que nous avons envers elle, et de malaise devant le vide qu’elle nous laisse. Marie, c’est une belle Âme de la librairie ! Mme Liekens, relieure belge, Florent Rousseau et Claude Blaizot, lors de leurs derniers hommages ont su parfaitement exprimer notre grande tristesse.»  

« Comme nous allons vous regretter, chère Marie, dit Claude Blaizot, de la Librairie Blaizot à Paris. Vous occupiez une place prépondérante dans le microcosme du Livre, de l’estampe, de la reliure, de l’édition et de l’imprimerie, et les émouvants hommages que nous venons d’entendre prouvent combien vous étiez appréciée et admirée pour l’extraordinaire action que vous avez menée en faveur de ces professions. Artistes-graveurs, relieurs, éditeurs et maîtres-imprimeurs, fabricants de papiers, libraires et galeries d’art, vous les connaissiez tous et vous entreteniez très souvent avec eux des rapports d’estime et d’amitié. […]

Vous nous manquez déjà, chère Marie. Adieu la gentillesse avec laquelle vous nous donniez des conseils très avisés, vos conversations passionnées, votre enthousiasme et votre optimisme sur l’avenir de nos professions. La justesse de votre jugement conforté par une longue expérience, une grande sensibilité et un goût certain, vous a amenée souvent à être sollicitée pour siéger dans des jurys. Souvent nous nous sommes retrouvés ensemble devant des reliures à sélectionner. A chaque fois, ce fut toujours l’occasion d’échanges constructifs et j’ai toujours apprécié vos observations. J’ai beaucoup appris à vos côtés, et je regrette de ne pas en avoir encore plus profité. Enfin, nous n’oublierons jamais votre constante bonne humeur, votre sourire et votre humour. Des fous rires, nous en avons eus. Ils me manqueront».

Ajoutons, pour terminer et rester dans l’esprit du célèbre texte du chanoine Henry Scott-Holland, texte humaniste cité par Claude Blaizot : par delà toute tristesse, poursuivons notre tâche au service du livre et de l’écrit.

 

 

 

Rédacteur en chef du "Magazine du Bibliophile et de l'amateur de manuscrits et autographes".
Site Web : http://www.mag-bibliophile.fr