Comment cataloguer ses livres ?

• De nombreux collectionneurs nous demandent régulièrement comment ils doivent procéder pour cataloguer au mieux leurs livres. Pour répondre à leurs demandes, voici quelques principes élémentaires – qui ne peuvent donc être tenus pour exhaustifs, qui ne doivent surtout pas l’être, mais qui représentent d’une certaine manière les fondamentaux techniques indispensables à cette réalisation.

Soyons pratique : essayons de ne retenir que l’essentiel. Car l’exercice pratique du catalogage tient peut-être à cet art de ne considérer que les données importantes des ouvrages catalogués – au risque de devenir long, fastidieux et impossible à réaliser, surtout par un particulier.

Le catalogage est utilisé par les bibliothèques et les bibliothécaires, par les libraires et les librairies, par les experts des ventes aux enchères, par les collectionneurs, par les chercheurs, les bibliographes, les étudiants etc. Les techniques de catalogage peuvent inclure des éléments précis, nombreux et complexes qui sont pris en compte dans des normes (françaises, européennes, internationales). Néanmoins l’usage courant des règles de catalogages nous autorise et nous impose à en considérer la structure essentielle, une base technique qu’il conviendra de suivre.

Chaque type de catalogage comprend cette base technique qui varie assez peu, mais, en fonction des usages et destinations propres d’un catalogue, sa présentation peut connaître des aménagements particuliers, tout comme son auteur s’autorisera parfois certaines originalités ou fantaisies.

Attention toutefois, le catalogue d’un amateur peut certes être celui d’un particulier. Si ce dernier s’avère être un collectionneur d’ouvrages très rares, ou d’une thématique exceptionnelle, le catalogue de sa collection risque un jour de devenir celui d’une bibliothèque vendue aux enchères. C’est pourquoi, dans ce cas, le catalogage d’un particulier atteindra les qualités permettant l’expertise. Autrement dit la rédaction initiale d’un catalogue pour et par un destinataire précis peut éventuellement changer à son terme. Ce qui renforce, d’une certaine manière, le besoin d’impératifs normatifs.

Nous nous attacherons donc ici plus particulièrement aux fondamentaux de la fiche ou de la notice bibliographique, à sa structure basique.

Trois groupes d’informations ou zones de données constituent notre fiche. Ces informations sont éditées, avec ou sans retour à la ligne, verticalement puisqu’il s’agit d’une fiche. Un catalogue peut être constitué de toutes ces fiches, placées page après page dans un ordre alphabétique d’auteurs. Mais un catalogue simplifié ne contenant que le premier groupe d’informations (groupe d’identification) peut aussi être édité de manière horizontale – ce qui est souvent le cas dans les logiciels de catalogage. Leur suite n’est d’ailleurs pas toujours alphabétique, elle peut en effet être numérique – par ordre d’entrée.

Exemple : un ancien catalogue début XXe réalisé par un amateur.

 

Catalogue de collection 19e

 

Ces trois groupes d’informations sont :

1 – un groupe d’identification ;
2 – un groupe d’informations particulières à l’exemplaire ; et parfois des citations de bibliographie ;

3 – les appréciations personnelles.
A la fin de l’une de ces parties de la notice, souvent au terme de la première apparaît le prix du libraire – s’il s’agit d’un catalogue de libraire. Le collectionneur peut lui aussi mentionner un prix d’achat (avec date et lieu d’achat, nom du libraire etc.) dans le catalogue qu’il réalise.

Enfin, un dernier (ou premier) élément d’information concernant l’ouvrage bibliographé est sa photographie.

 

1 – En-tête de notice, identification.

L’en-tête ou premier groupe de données comprend toutes les informations suivantes, dans un ordre précis et invariant :

 

Éventuellement entre crochets – le sujet de l’ouvrage, un domaine thématique ou bien une référence essentielle : par exemple, le nom d’un éditeur, d’un illustrateur etc.

–       * l’auteur (en lettres capitales), prénom entre parenthèses (éventuellement dates de naissance et de mort) (1)

–       * le titre, le sous-titre

–       mention d’édition (édition originale, 10e, 20e édition…)

–       le lieu de publication

–       le nom de l’éditeur, éventuellement nom de la collection

–       * la date de parution

Éventuellement : pays, langue

Description matérielle

–       le nombre de tomes ou volumes

–       le format (8° etc.)

–       la reliure (type)

–       le nombre de pages

 

2 – Caractéristiques particulières de l’exemplaire

–       Edition originale ? – Ex-praemio, ex-dono…

–       papier

–       exemplaire n° ?

–       illustrations

–      complétude, état – pages manquantes, tomes manquants,
exemplaire truffé, annotations, mentions manuscrites diverses

–       provenance (ex-libris ?)

–       références bibliographiques, citations

 

3 – Appréciations personnelles
–      commentaires

–      conclusion de la fiche

 

Notre astérisque vient souligner ici les données les plus essentielles du catalogue, celles qu’un particulier peut suivre à la fois pour aller vite et ne pas se perdre dans des fiches trop détaillées qui réclament un temps de rédaction plus long. Le principe d’une rédaction de catalogue est d’être définitivement suivi. Mais il est possible, au départ, de ne s’en tenir qu’au minimum du minimum puis de le compléter par la suite. Ce que font certains particuliers ou libraires dans des logiciels avec des présentations standard qu’ils ne remplissent pas intégralement.

Quelques remarques et précisions…

(1) – Jean-Denis Touzot, libraire et collectionneur :

« – Prénom : pour ma part le prénom n’est pas à mettre entre parenthèses, seulement les dates de naissance et de mort (compléter par des étoiles les chiffres inconnus) ; 

–  Collection : indiquer le numéro dans la collection si existant sur la page de titre ou de faux titre ;

–  Pour cataloguer : se servir davantage de la page de titre que de la couverture, mais la couverture peut porter une information différente, par exemple une faute typographique ou autre ;

–  Pour les éditions modernes, la date de parution peut être différente de la date de copyright ou d’impression de l’imprimeur et pour les éditions anciennes certaines réimpressions sont revêtues de la page de titre de l’édition originale ou comprennent des erreurs de date ; il faut donc être scrupuleux pour ne pas donner une fausse notion quant à l’édition !

–  Format : attention, le format des livres modernes est bien différent de celui des incunables ou des ouvrages des XVIe et XVIIe siècles. Il faut vérifier le contenu et le nombre des cahiers qui se repèrent avec un chiffre précédé d’une lettre simple, puis double, puis redoublée ou triplée, située au bas de la dernière page de chaque cahier. Nous entrons alors dans la tâche obligatoire de la collation ou vérification de l’intégrité du livre. Il est quelquefois utile de donner la taille en centimètres (hauteur + largeur)

–   Reliure : indiquer le type, la matière, la décoration, la signature éventuelle (sur le dos, à l’intérieur sur une page de garde, sur la quatrième de couverture), décrire les armoiries ou le chiffre dorés sur les plats ou au dos.

–   État : une photo n’est pas suffisante pour situer l’état global d’un livre ; ne pas cacher certains défauts plus ou moins faciles à détecter : réparations bien faites, papier, gillotage, remboîtage, exemplaire lavé, exemplaire comportant des pages provenant d’un autre exemplaire….

Cette liste n’est pas exhaustive, mais suffisante pour la majorité des collectionneurs ; cependant les bons libraires doivent aller parfois chercher plus loin une vérité ! »

 

Ci-dessous un modèle vierge : page non remplie du catalogue d’un amateur du XIXe.
(faites glisser cette illustration sur votre bureau afin de pouvoir l’imprimer et l’utiliser).

 

Catal de collection 19e 04

 

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