COLMAR : Le voyage en Orient, Jérusalem (1500-1900)

•• Une exposition exceptionnelle de la Bibliothèque des Dominicains de Colmar, jusqu’au 3 octobre 2015

Dominicains

 

 

 

 

Organisé par le frère dominicain Rémy Vallejo, la Bibliothèque des Dominicains de Colmar, le centre Emmanuel Mounier de Strasbourg et l’EBAF, Ecole biblique et archéologique de Jérusalem (1) –avec le soutien de la Ville de Colmar –, cette exposition retrace plus de quatre siècles de relations de voyage, pèlerinage au Moyen-âge, de voyages de curiosité, d’expéditions scientifique a Jérusalem, la ville des trois religions. A côté des manuscrits, des incunables et imprimés retraçant les voyages en Orient du XVe au XIXe siècle (documents conservés à la Bibliothèque de Colmar), les passionnés de photographie auront l’immense plaisir de découvrir une collection de plus de 15000 plaques de verre, photographies prises par les Dominicains en Orient, et plus particulièrement à Jérusalem, images de Palestine, mais aussi de Syrie, d’Egypte et de la péninsule arabe.

 

Cette collection de photographies est depuis 1890 possession de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem. Elle montre toutes les richesses d’un patrimoine actuellement mis à mal au Proche-Orient. Comme Le Monde le rapportait le 22 mai dernier : « Les Dominicains, ordre des Frères mineurs, dont on fête le huitième centenaire, présents depuis 1750 dans le nord de l’Irak, avaient rassemblé et conservé, à Mossoul, 800 manuscrits orientaux, datant des XIIIe au XIXe siècles : traités de religion, médecine, sciences, astronomie, archéologie, arts et musique… La plupart a été sauvée de la barbarie destructrice du groupe djihadiste Etat islamique par le père Najeeb Michaeel qui a fui avec ce trésor à Erbil, dans le Kurdistan, sous le feu des balles. Le dominicain a entrepris de numériser tout ce fonds.» (2)

Sept documents de ce fonds (en version fac-similé) sont par ailleurs présentés à Paris aux Archives nationales, Hôtel de Soubise. À l’occasion de cette dernière exposition, l’universitaire Jean-Pierre Filiu déclarait : «Alors que la “communauté internationale” paraît tétanisée face à l’avancée jdihadiste, il est bon de retrouver l’espoir à l’évocation de l’expérience de Najeeb Michael ou d’Omar Islam. Et on sort de l’hôtel de Soubise convaincu que, malgré l’horreur présente, la barbarie n’aura jamais le dernier mot.» (3)

 

 

(1) – EBAF, Ecole biblique et archéologique de Jérusalem : http://www.ebaf.edu/?page_id=1107&lang=fr

C’est par la consultation des publications de l’École qu’on peut se faire une idée de la diversité de sa photothèque, notamment par son périodique trimestriel, la Revue Biblique, où toutes les explorations sont mentionnées, même si l’illustration en reste sommaire. La liste de ses photographes, au-delà des figures emblématiques que sont Jaussen et Savignac, recoupe celle des professeurs : ainsi des Pères Tonneau, Carrière, Barrois, de Vaux, Benoit, Stève, Prignaud, Humbert et de Tarragon…

La collection ancienne est d’environ 20.000 clichés, peut-être 15.000 négatifs, et 5.000 positifs. Les deux-tiers sont constitués de plaques de verre, soit simples, soit stéréoscopiques. La dernière phase de constitution de la photothèque (jusque vers 1950) voit l’arrivée de la technique qui supplante la plaque de verre, celle du plan-film et des négatifs sur bande (formats 6 x 6 et 24 x 36). Environ 10.000 de ces négatifs sont répertoriés, numérotés et enregistrés dans deux gros registres écrits à la plume ; le reste demeure non inventorié, dans les petites boîtes en cartons d’origine, emballages dans lesquels voyageaient les plaques de verre neuves.

La collection plus récente, pour les 30 dernières années, s’est augmentée du fonds provenant presque exclusivement des fouilles archéologiques, menées en Terre Sainte ou en Jordanie par l’École elle-même. Ainsi des archives photographiques des fouilles de Kh. Qumrân, lieu de découverte des Manuscrits de la mer Morte, ou des fouilles d’Abou Ghosh ou de Tell el-Far’ah, puis de Tell Keisan, et, en Jordanie, de Kh. Samra, d’el-Fedein-Mafraq et de la Citadelle d’Ammân. Ce complément moderne à la photothèque ancienne a un aspect plus technique – archéologie et épigraphie -, la part des excursions diminuant, du fait de la banalisation du tourisme contemporain. Les professeurs aujourd’hui préfèrent – en dehors des fouilles – concentrer leurs efforts sur la sauvegarde photographique de monuments menacés (ainsi des bornes milliaires de la Via Trajana, en Jordanie, ou des stèles funéraires syro-palestiniennes…).

Le fonds ancien est illustré de clichés au format 18 x 24 cm, magnifiques plaques, en excellent état de conservation du fait du climat sec et doux. Les formats 13 x 18, 11 x 15, 10 x 15 et 9 x 12 fournissent aussi une bonne part de ce fonds ancien, ce qui assure une belle qualité d’image. En expédition plus  » légère « , les professeurs étaient parfois amenés à utiliser un format beaucoup plus petit, mais toujours sur plaques de verre, les appareils stéréoscopiques, utilisés surtout avant 1914 par l’équipe Jaussen & Savignac, au format presque carré d’environ 4 cm pour chaque cliché stéréo. Le moyen format vint ensuite s’ajouter, avec des plaques 6 x 9 et les plans-films.

En 1995, le fonds s’est accru du dépôt, par Mgr Richard Mathès, directeur du Notre-Dame Center of Jerusalem, de 1.566 plaques de verre, résidu de la photothèque des Pères Assomptionnistes de Notre-Dame de France. L’École gère ces négatifs, tout en respectant leur identité propre : les plaques ont une numérotation spécifique, sous le sigle NDF. Les dates des photographies anciennes de NDF recoupent en gros celles de l’École biblique, de 1892 à 1930. Siège pour un temps d’une maison d’études pour les séminaristes Augustins de l’Assomption, NDF mènera aussi des excursions biblico-archéologiques, d’où la présence, moins systématique qu’à l’École biblique, de superbes clichés de la région, notamment de Transjordanie. À Notre-Dame de France, la tonalité reste plus anecdotique qu’à l’École biblique : des centaines de clichés montrent des groupes de pèlerins, ou des portraits de dignitaires ecclésiastiques de passage.

 

https://israelpalestineguide.wordpress.com/2010/09/08/the-on-line-catalog-of-jerusalems-ecole-biblique-library-a-resource-for-research/

 

• Ouvrages conseillés par le CNL :

http://biblio.ebaf.edu/cgi-bin/koha/opac-search.pl?q=cnl

 

 

(2) – http://www.lemonde.fr/arts/portfolio/2015/05/22/mesopotamie-les-manuscrits-sauves-de-mossoul-en-irak_4639028_1655012.html#jZm8XQGDUpqrODPm.99

 

(3) – http://blogs.rue89.nouvelobs.com/jean-pierre-filiu/2015/05/25/contre-la-barbarie-venez-admirer-les-manuscrits-sauves-de-mossoul-234616

8000 documents ont néanmoins été détruits.

http://www.jewsnews.co.il/2015/02/26/isis-burns-8000-rare-books-and-manuscripts-in-mosul/

http://geopolis.francetvinfo.fr/daech-brule-2000-livres-et-manuscrits-datant-de-plus-de-7000-ans-52575

 

 

Bibliothèque des Dominicains

Bibliothèque municipale de Colmar

1 place des Martyrs de la Résistance
68000  Colmar

Du lundi au vendredi de 13h30 à 17h30
Le samedi de 13h à 17h

Entrée libre.
Tél. : 03 89 24 48 18

http://bibliotheque.colmar.fr

Jusqu’au samedi 3 octobre 2015