Edito : La bibliophilie des grandes œuvres

Il est fréquent de considérer l’objet de la la bibliophilie, le livre, sous deux aspects : celui de son contenant (et support) et celui du contenu. C’est un peu comme si on séparait le corps et l’esprit du livre, contenant et contenu n’étant en réalité que des avatars de cette séparation traditionnelle… L’article que notre ami italien, PietroMasturzo, a écrit pour cette édition de l’été 2018 du Magazine du Bibliophile nous ouvre ici le chemin d’une rencontre exceptionnelle avec Spinoza. Parce que cette relation ne peut vraiment être tout à fait la même si on s’en tient aux éditions courantes d’aujourd’hui ou si, au contraire, on essaie de remonter le temps grâce à des éditions anciennes, de Spinoza lui-même (sans que l’on puisse atteindre bien sûr lesoriginales), celles de ses amis et des livres qu’il a lus. Et là qu’il s’agisse du fond et des nombreux détails que ces ouvrages anciens peuvent posséder, parfois des marginalia manuscrits ou bien de leurs formes, de leurs reliures et papiers, de leur typographie, et du charme de ces publications historiques.

Une remarque à ce propos… En jetant un œil sur les bibliographies publiées en fin d’ouvrages sortis récemment et qui ont nécessité des recherches – quels que soient leurs domaines, de l’horticulture à la politique – trop souvent, nous constatons la faible présence de titres anciens – alors que les fonds patrimoniaux de nos bibliothèques sont remplis de merveilles ; et que des entreprises comme celles de Gallica ont réalisé des diffusions importantes de publications anciennes. Dans ces bibliographies succintes, souvent, plutôt que de citer des références anciennes originales, on préfère mentionner des titres plus récents qui – parfois seulement – citent ces œuvres du passé.

Pour notre part, au Magazine du Bibliophile, nous laisserons ouverte la définition de la bibliophilie, davantage passion du contenu et/ou plutôt du contenant. Nous partageons en fait cette idée qu’il existe autant de définitions de la bibliophilie que de bibliophiles. D’ailleurs, au delà de toutes définitions qui nous enfermeraient conceptuellement, ne pourrait-on pas, ici ou là, se sentir davantage porté sur le contenant ou sur le contenu face à tel ou tel livre ?

De plus, ici, avec Spinoza, qui a tant combattu l’opposition du corps et de l’esprit, nous suivons avec passion la présentation de PietroMasturzo. Quelle belle expérience d’emprunter le chemin de la bibliophilie pour aller à la rencontre d’un auteur, qu’il soit philosophe comme ici, poète, dramaturge, voire homme de sciences ou politique ! Aller à la rencontre de son époque, et de tous les auteurs qu’il a lus et dont certains sont aujourd’hui méconnus et oubliés. Tenter l’expérience bibliophilique comme une aventure de la curiosité, du savoir et de la poésie du temps retrouvé. Essayons ensemble… Bonne lecture !

Retrouvez cet article en intégralité dans le n°139-140 du Magazine du Bibliophile


Rédacteur en chef du "Magazine du Bibliophile et de l'amateur de manuscrits et autographes".
Site Web : http://www.mag-bibliophile.fr

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