Edito : Faut-il vraiment avoir peur du numérique ?

Parmi les questions d’actualité qui reviennent souvent dans les médias, il en est une qui possède une permanence étonnante : le numérique ne va-t-il pas supplanter le papier ? Ce n’est plus un serpent de mer, mais le dragon d’un étang. Une question qui se transforme le plus souvent en une terrible interrogation… Le livre tel que nous le connaissons n’est-il pas appelé à disparaître ? Les questions anxiogènes qui pèsent sur le quotidien ne manquent pas, celles sur le futur encore moins. Mais ici les Cassandres qui s’appuient sur l’expertise de leurs impressions oublient qu’il existe des statistiques, et elles sont nombreuses. Si nous nous fions à celles du Syndicat national de l’édition, pour ne citer que celles-ci, nous y apprenons que l’édition qui poursuit une croissance assez légère en France est papier à 93 %. Et que l’édition numérique ne connaît pas le grand boom que les faux prophètes des nouvelles technologies annoncent depuis quelque temps.

D’ailleurs la progression de l’édition numérique qui est légèrement supérieure à 10 % aux États-Unis a connu des baisses. Dans l’univers du livre ancien, et plus encore dans celui du livre d’artistes et de la bibliophilie contemporaine…peut-on raisonnablement établir des comparaisons avec les livres numériques ? Tout revient à une question simple au départ…

Que recouvre le concept de livre ? Qu’est-ce qu’un livre ? C’est ici que l’aspect didactique du métier de libraire prend toute son importance. Car, comme le rappelle Alexis-Raphaël Antoine (p. 16), le métier de libraire ne se résume pas au commerce. Les livres doivent être visibles, ils le sont sur Internet, mais ils le sont davantage encore dans les librairies et sur les salons.

Beaucoup plus préoccupante est la fermeture de certaines grandes librairies au cœur des villes. Cela a été le cas de la Librairie Le Meur à Dijon, de la Librairie Puzin au 30, rue de la Paroisse à Versailles,
plus récemment… Et de tant d’autres – y compris ailleurs, aux États-Unis, au Canada… (p. 24). Une situation critique, car ce qui est visible possède un impact évident en communication – y compris sur un plan sectoriel comme celui de la librairie ancienne, y compris même pour l’image que représente le livre au sein de la culture. C’est dans cette perspective que nous participons à de nombreux salons où nous vous retrouverons peut-être… En attendant, bonne lecture à la découverte de si nombreux livres !

Rédacteur en chef du "Magazine du Bibliophile et de l'amateur de manuscrits et autographes".
Site Web : http://www.mag-bibliophile.fr

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