Edito n°111 : Amor librorum nos unit

Magazine-bibliophile-111Il y a 100 ans, au mois de juin, 29 libraires allaient créer le SLAM, Syndicat de la librairie ancienne et moderne. Un siècle après, donc, ce syndicat, qui n’a pas pour vocation de réunir toute la librairie ancienne mais de la représenter, comprend 250 membres, un nombre stable depuis plusieurs décennies. Même s’il ne représente pas la totalité des acteurs de la librairie ancienne, les activités et l’influence du SLAM restent considérables dans la profession. Comme l’ont montré plusieurs études et l’enquête sociologique que nous avons publiée (MdB n°89), ce domaine professionnel ne semble néanmoins pas très structuré. On accède au métier de libraire par toutes les formations imaginables. Parfois même, on y arrive sans aucune formation mais en l’exerçant.
En l’absence, aujourd’hui en France, de véritables reconnaissances diplômantes de cette profession de libraire d’ancien (ce qui, d’un certain point de vue, reflète le manque de considération accordée
au champ du livre ancien – on ne connaît pas, on ne mesure pas son poids économique…), la participation au SLAM est devenue le gage d’une vraie qualité professionnelle. Ce gage vaut pratiquement diplôme – ce qui ne supprime évidemment pas les différences et les divergences de pratiques.
L’univers de la librairie ancienne n’est plus celui de 1914. Sans évoquer tous les usages et comportements socio-culturels du XXe siècle… J’avais, par exemple, un grand-père qui faisait relier tous ses livres. Quel budget faudrait-il aujourd’hui pour le faire ? Bien que les fondateurs du SLAM aient été très attentifs, au départ, à la circulation et à l’échange des livres qui, bien sûr, ne cessaient déjà d’évoluer, Internet n’existait pas… Or on sait aujourd’hui que son influence est considérable – et croissante, presque envahissante – tant sur le commerce du livre que sur les pratiques de lecture et d’écriture.
Faut-il pour autant et sans raison se plier totalement au règne du quantitatif et de la consommation éphémère dont on mesure certains impacts négatifs sur l’héritage et la transmission du savoir ? Alors, pour célébrer cet anniversaire du SLAM, souhaitons qu’au cours du siècle à venir cette organisation professionnelle poursuive sa mission, et que son objet, son éthique et l’amour du livre qui la guident conservent toute la vigueur nécessaire pour défendre la bibliophilie. Comme elle est si brillamment soutenue au Salon international du livre ancien de Paris. Toute notre rédaction sera heureuse de vous y retrouver, stand G21 : un beau rendez-vous pour nous tous !

Rédacteur en chef du "Magazine du Bibliophile et de l'amateur de manuscrits et autographes".
Site Web : http://www.mag-bibliophile.fr

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