Quel est le meilleur magazine pour Bibliophiles ? (novembre 2015)

• Billet d’humeur

Comment et pour quelles raisons comparer des magazines de bibliophiles dans le but d’obtenir un classement ?! Et faire connaître ses préférences… 

Nous n’aurons ici ni l’outrecuidance ni la cuistrerie de nous lancer dans une enquête autosatisfaisante visant à établir un classement à partir de jugements que l’on voudrait objectifs, si «objectifs»… Puisque tout devrait commencer par cette question : «Qu’appelle-t-on réellement “bibliophile” et “bibliophilie” ?» Admettons néanmoins que l’on ne sache répondre à cette question autrement que par un satisfecit autogratifiant…

Dès lors que l’on voudrait se lancer dans une comparaison objective, portant sur le nombre de pages par exemple de diverses revues de «bibliophilie» (aujourd’hui combien en reste-t-il ? Et qui écrira leur histoire ?), il serait important de se souvenir de quelques règles basiques d’imprimerie… Ne serait-il pas utile de bien connaître ces règles de production des livres quand on se voudrait bibliophile ? Chacun sait que les feuilles imprimées sont généralement pliées par 2, 4, 8, 16, 32 etc. pour former des cahiers.

Alors comment expliquer que le nombre de pages retenues et comptées d’un magazine puisse être de 46 ? Ou bien encore de 96 ? Nous savons que le comptage des pages des livres anciens doit s’effectuer avec rigueur, mais cela ne suffit pas : il doit s’effectuer aussi sur de bons principes (nous en reparlerons dans Le Magazine).

Pour un magazine dont le papier de couverture est identique à celui des cahiers intérieurs, compter 46 pages apparaît comme une erreur. Si nous comptons 3 cahiers de 16 pages, ce qui est par exemple le cas du Magazine du Bibliophile, nous obtenons un total de 48 pages. Quant à la revue qui serait donnée pour avoir 96 pages, puisqu’elle possède une couverture d’un papier différent des cahiers intérieurs, nous obtenons 100 pages et non 96. Si, sur cette base de 46 et 96 pages qui est fausse, on établit ensuite une valeur à la page en divisant le prix de vente par le nombre de pages… le résultat de ce calcul sera inévitablement faux.

Une maquette possède un aspect esthétique plus ou moins appréciée. La culture de la presse et de son histoire devraient, elles aussi, appartenir à la bibliophilie, c’est-à-dire aux traditions que l’on considère comme bibliophiliques. Ce n’est pas toujours le cas chez ceux qui se lancent dans des comparaisons de mises en page sans connaître par exemple les orientations graphiques d’une époque ou d’une direction artistique…

Attention néanmoins aux comparaisons fantaisistes. Par exemple, comparer un magazine avec un «fanzine», ce qui peut survenir quand on ne connaît pas le vrai sens de ce dernier mot. Rappelons sa définition d’après Larrousse : «Fanzine : publication de faible diffusion élaborée par des passionnés de science-fiction, de bandes dessinées, de cinéma, etc.» Le mot provient de l’américain, plus précisément de «fanatic» dans le sens amateur et de magazine. Selon Wikipedia, un fanzine « est un “journal libre”, souvent sans existence officielle (une large majorité des fanzines n’ont pas de dépôt légal) […], sa périodicité demeure en général aléatoire et sa durée de vie est relativement courte […]».

Reliures. Le dos broché (plié-piqué) permet de relier les divers numéros d’un magazine, comme on relierait les cahiers d’un livre. Et c’est un plaisir immense de parcourir les ouvrages du XIXe siècle reliant par exemple les publications périodiques d’un titre sur une année, un semestre… Les bibliophiles apprécient énormément ce type de reliure. Voir par exemple le périodique L’Illustration qui a été relié par semestres et que certains collectionneurs possèdent dans son intégralité (ce qui pèse au total plus de 3 tonnes !).

Mais il est vrai que le prix d’une reliure aujourd’hui ne permet pas à tous ceux qui achètent ces magazines pliés-piqués d’envisager de les réunir ainsi. De fait, on préférera le «dos carré», c’est-à-dire un dos de couverture (4 pages) collé sur les pages coupées et collées. L’avantage du dos carré est de permettre l’impression des rappels de titres. Quant à une reliure de coupé-collé, elle serait possible – mais à un coût encore plus prohibitif.

Dans les comparaisons qu’il est parfois difficile de comprendre, même avec effort, on pourrait rencontrer celles des textes. Comparer par exemple les articles dits de fond par leur nombre, comme on comparerait n’importe quelles valeurs quantitatives pourrait-il revêtir un véritable sens dans le domaine de la bibliophilie ? Il est vrai que l’auteur pris en défaut sur ce type de comparaison peut se démarquer, se défausser, car une telle «enquête» n’aurait rien de «scientifique» – ce qui apparaît comme le plus évident, y compris finalement à son auteur-même. La publication d’une telle enquête permettrait aussi de publier certaines affirmations, sans trop impliquer directement celui qui aurait animée cette recherche… Dès lors qu’une signature se réduit à une initiale…

 

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