« Lux in arcana » : le Vatican expose des archives secrètes

A l’occasion du 400e anniversaire de la fondation des Archives secrètes par le pape Paul V, le Vatican dévoile quelques-uns de ces documents dans une exposition exceptionnelle des Musées du Capitole, à Rome : «Lux in Arcana».

Lux in Arcana pourrait signifier «de la lumière dans les secrets», donc quelques secrets mis en lumière, ce qui ne veut pas dire que toute la lumière est faite sur ces quelques secrets… Les «arcana» possèdent le sens de ce qui ne doit pas être dit, ce qui ne doit pas sortir d’une limite… Ce que l’on écarte (arcere) et que l’on place dans une boîte (arca).

C’est la première fois que ces documents quittent l’enceinte du Vatican, certains estiment même que l’occasion donnée ici est unique et ne se reproduira pas. Les pièces exposées – livres et manuscrits, parchemins parfois, lettres, confessions… – choisies dans les 85 km d’archives conservées par la Cité pontificale, représentent ou illustrent des moments capitaux de l’histoire du monde. C’est dire tout l’intérêt que revêt cette exposition, qui en soi, constitue un événement de première importance, donc réellement à ne pas manquer.

Le visiteur de cette présentation n’en croira pas ses yeux. Pièce après pièce, l’Histoire avec un grand H est bien présente. Voici, par exemple, la supplique relative à la dissolution du mariage d’Henri VIII  que les Parlementaires anglais ont envoyé au pape Clément VII en 1530, lettre qui a été à l’origine de la rupture religieuse entre Londres et Rome, et qui marque, d’une certaine manière, la naissance de l’anglicanisme. Sont exposées les minutes du célèbre procès de Galilée, la bulle d’excommunication de Martin Luther ou encore cet édit d’Alexandre VI qui partageait le Nouveau Monde entre le Portugal et l’Espagne…

Sans qu’il nous soit possible de citer tous ces documents, dont nombre d’entre eux remontent bien avant les quatre siècles de cet anniversaire (les plus anciens datent du VIIIe siècle), nous remarquons la confession des Templiers aux trois cardinaux envoyés par Clément V au château de Chinon. Cette exposition a été inaugurée le 29 février en présence, bien sûr, de Sergio Pagano, préfet des Archives secrètes du Vatican, de Pier Paolo Piergentili, archiviste, mais également de la personnalité la plus éminente du Vatican après le pape, Tarcisio Bertone, de Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, de Gianni Alemanno, maire de Rome, et du ministre italien de la Culture, Lorenzo Ornaghi (Ministero per i Beni e le Attività Culturali). «Lux in Arcana» se tient jusqu’au 9 septembre 2012.

Rédacteur en chef du "Magazine du Bibliophile et de l'amateur de manuscrits et autographes".
Site Web : http://www.mag-bibliophile.fr

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