Jean Giraudoux à Bellac : deux expositions… Et ce n’est pas tout !

Jean Giraudoux (Coll. part., D. R.)

Jean Giraudoux (Coll. part., D. R.)

Juillet 2014, Bellac. Deux expositions placent Jean Giraudoux sous les feux de l’actualité, et conduisent à regarder de plus près l’œuvre et le parcours de cet écrivain et dramaturge… 

D’autant que l’année 2014 marque le 70e anniversaire de sa mort et qu’une belle découverte attend celui qui s’intéressera au fonds patrimonial de la Médiathèque de Bellac, en Limousin : il réunit une grande partie de la bibliothèque même de Jean Giraudoux. Les expositions évoquées ont été montées, toutes deux, dans cette ville de Bellac où est né Jean Giraudoux, commune située en Haute-Vienne à proximité des monts de Blond.

Véritable carrefour de voies nord-sud et est-ouest, c’est d’ailleurs en traversant cette petite ville que La Fontaine écrivit la fable «Le coche et la mouche». Un moment éternisé par le peintre Aimé Vallat (1912-1993), peintre élevé par sa mère, son père ayant été tué au cours de la Grande Guerre.

La première exposition a lieu dans la maison natale de Jean Giraudoux, proposée par Jean-Michel Le Guevellou et l’Académie Jean Giraudoux ; elle mets en scène (avec un diaporama) le cheminement de l’auteur, poète patriote et pacifiste – nous sommes loin des polémiques que son œuvre et surtout certaines déclarations susciteront pendant les années 40. La seconde exposition se déroule à la Médiathèque et tourne autour de ces années d’enfance, d’adolescence et de jeunesse qui précédèrent la guerre de 14. Et Bellac deviendra un vrai mythe pour Giraudoux, allant jusqu’à écrire… «Bellac […], c’est bien la plus belle ville du monde.»

Une quinzaine de vitrines, étapes, moments de vie retracent le parcours de cet enfant de Bellac… lycée de Chateauroux, Lakanal à Sceaux, puis Ecole normale de la rue d’Ulm, séjour en Allemagne, rencontre de Paul Morand, voyage aux Etats-Unis, Harvard, publication de son premier livre en 1909, Provinciales, remarqué par André Gide, puis à partir de 1910, il entre dans le corps diplomatique, voyage… jusqu’à la mobilisation de 1914.

Une centaines de documents sont présentés sous le titre «Mon enfance, adieu» (formule de fin de Nuit à Chateauroux), documents rares, méconnus, inédits parfois, prêtés par les descendants de l’auteur comme, par exemple, des épreuves de textes corrigés par Giraudoux, des manuscrits et de nombreuses photographies.

Cette exposition, réalisée par Mauricette Berne, présidente de la Fondation Jean et Jean-Pierre Giraudoux avec Guy Teissier, secrétaire de cette Fondation, possède le charme des documents intimes, des papiers de famille. C’est de l’histoire vraie et personnelle, avec une richesse d’aventures et d’émotions que l’on devine. C’est le monde de l’enfance traversé, celui de l’amour, des voyages et de l’écriture avant la barbarie de la Grande Guerre, qui, on ne le soulignera jamais assez, constitue la grande fracture historique entre Paris et la «province». De surcroît, comme le remarque l’architecte François Massicot, «cette période géralducienne est claire et très lisible ; nous comprenons comment voyages et rencontres ont forgé l’homme et l’écrivain, et découvrons que toute son œuvre a quelque chose d’autobiographique, à travers milles détails intimes comme autant de points de repères ».

 

• Maison natale de Jean Giraudoux
4, rue Jean Jaurès
87300 Bellac
Tél. : 05 55 68 10 61

• Médiathèque intercommunale Jean-Giraudoux de Bellac
12, place du Palais
87300 Bellac
Tél. : 05 55 60 69 33 / courriel : www.bellac.fr/Mediatheque.html

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